Interviews proposées et réalisées le 19 février 1999 et le 19 janvier 2000, par des personnes qui connaissent Raymond Bernard depuis longtemps, afin de permettre à ceux qui cherchent une information claire et objective un regard différent à travers un témoignage direct.
Il est regrettable que certains puissent, plus ou moins anonymement, publier sur Internet ou répandre de quelque façon que ce soit, des déclarations ou informations non contrôlées, simplement parce qu'elle semblent s'inscrire dans leurs intentions qui, il faut bien le reconnaître, ne semblent pas nettes et dont il serait utile de savoir la véritable motivation. Je ne me prêterai jamais à de telles discussions sur de tels sujets, sauf, si nécessaire, pour rétablir les faits et ces faits les voici : l'ancien Grand Trésorier de l'AMORC, Monsieur H. S., a, d'une part, été gravement condamné en justice et en appel pour des détournements financiers importants au détriment de l'AMORC dont il a été ensuite définitivement exclu. Il a d'autre part, également en justice et en appel, été gravement condamné, avec, en outre, de fortes amendes, pour diffamation envers moi-même pour les déclarations et publications (cassettes, circulaires, etc.) mentionnées dans l'article dont vous parlez. Il en a été de même pour la toute petite clique qui le soutenait dans cette entreprise diffamatoire.
Je suis vraiment désolé d'avoir eu à rappeler ces faits pour rétablir la vérité. Je ne l'aurais jamais fait si l'article auquel vous vous référez n'avait pas été publié sur Internet avec les erreurs et contre-vérités qu'il renferme.
Je le fais d'autant plus volontiers que certains propos qui m'ont été prêtés sont complètement erronés. Je me souviens n'avoir rencontré Jacques Breyer que deux fois, mais je partage sans aucune restriction ce que l'auteur de l'article en question écrit à son sujet. Jacques Breyer a en particulier publié des ouvrages parfois difficiles à saisir à simple et première lecture, mais je les avais considérés si utiles à connaître que j'en avais, à l'époque, recommandé la lecture aux membres de l'AMORC donc j'avais, à ce moment-là la responsabilité dans les pays de langue française en particulier.
En réponse aux questions qui ont pu, à quelque moment que ce soit, mêtre posées à ce sujet, jai dit et répété que je navais absolument rien à voir avec lorganisation qui a été connue sous le nom dOrdre du Temple Solaire. Je réponds clairement et catégoriquement que je nen ai entendu parler pour la première fois, comme tout le monde, quau moment de la tragédie. Je déclare donc, de manière nette, complète et énergique, que toute référence qui pourrait être faite à une relation, même lointaine, entre lOrdre du Temple Solaire et moi, serait totalement et définitivement fausse et mensongère. Je ne suis pas plus informé des questions de lOTS que le public en général qui a lu dans un journal ou une revue, ou entendu à la radio quoi que ce soit à ce sujet, ou vu quelque émission que ce puisse être à la télévision.
Dans un mouvement traditionnel et ancien tel que lAMORC qui inclut des milliers de membres, il est impossible à un dirigeant de les connaître tous, même si des liens fraternels théoriques unissent lensemble. Mes fonctions successives dans lAMORC furent celles de Grand Maître, puis de Légat Suprême pour lEurope et enfin membre du conseil mondial constitué alors de cinq membres seulement siègeant aux Etats-Unis, en Californie, siège suprême de lOrdre à cette époque. Ces fonctions étaient telles du point de vue du travail, des activités et des responsabilités quelles ne permettaient pas un contact avec chaque membre de lOrdre individuellement. La situation est, dans de telles fonctions, la même que celle dun dirigeant dune très grande société dans le monde en général.
En ce qui concerne Monsieur Di Mambro, du fait quil avait été, selon la terminologie traditionnelle, " Maître " (on lest un ou deux ans) dune loge rosicrucienne, il serait possible que je laie rencontré. Il ma été dit après la tragédie que lon sait, que javais exclu Monsieur Di Mambro de lAMORC. Je nai pas souvenir des circonstances ni des raisons de cette exclusion. Selon les informations que lon ma données, il nétait plus rosicrucien à partir dune certaine date. Quant à moi, je nai aucun - je dis bien aucun - souvenir de Monsieur Di Mambro. Même sil a été un temps rosicrucien, je regrette de dire quil ne ma pas frappé au point que je me souvienne particulièrement de lui, et ce, même si, un dossier étant venu sur mon bureau, jai suivi une recommandation dexclusion le concernant, conformément aux règles de lOrdre.
Quant à Monsieur Luc Jouret, je ne l'ai jamais rencontré et je ne peux, par conséquent, avoir quelque souvenir que ce soit de lui.
Louvrage de Serge Caillet intitulé : " LOrdre Rénové du Temple, aux racines du Temple Solaire " publié chez Dervy et certainement toujours disponible est la meilleure et la plus complète référence à ce sujet. Je résumerai donc très brièvement ce qui est rapporté si parfaitement dans ce livre.
Je suis à lorigine de lORT. Alors que lOrdre de la Rose-Croix AMORC était en pleine formation en France, il y eut alors un grand intérêt du public pour les questions templières. Jai pensé, pour éviter que les membres de lAMORC se dispersent, quil était judicieux détablir au sein, ou de manière très proche, de lAMORC, un mouvement qui porterait le nom de templier. Jai donc demandé lavis du directeur mondial de lAMORC, celui qui a le titre traditionnel dImperator. Il ma finalement donné son accord et jai ainsi créé lorganisation appelée Ordre Rénové du Temple. Je lai fait en octobre 1970 sous la forme dune association légale distincte de lAMORC. Cet Ordre, depuis sa création et jusquau moment où je men désintéresse complètement, en octobre 1972, était réservé uniquement aux membres de lOrdre de la Rose-Croix AMORC. Il ny avait alors aucune exception à cette règle. Rapidement les conditions générales se rapportant aux questions templières ayant changé et lintérêt des Rosicruciens ayant vite décru, plus vite quenvisagé au début, il nétait plus nécessaire quun mouvement templier soit lié à lAMORC et jai donc chargé Julien Origas de la responsabilité de lOrdre Rénové du Temple. Julien Origas était un membre de lAMORC, très loyal envers celui-ci. Pendant un certain temps, il a voulu me tenir informé puis, sur mon insistance, car lAMORC occupait tout mon temps, il a cessé, et conduit lORT comme il lentendait. Je navais plus à être informé et je ne lai plus été. LAMORC navait plus rien à voir avec lORT, et il en était de même pour moi.
Me trouvant à Rome en octobre 1955, jai rencontré Giuseppe Cassarà di Castellamare dont ladresse mavait été communiquée par Ralph M. Lewis, directeur mondial de lAMORC. Il devint vite un ami personnel et ma fait ensuite connaître le Grand Maître en fonction dune branche de la Franc-Maçonnerie italienne assez importante, dessence templière, le Comte Damiani, dune ancienne famille italienne. Cest ainsi que jai été reçu dans une fraternité maçonnique aux origines et à la tradition dites templières. Mais je précise immédiatement et avec insistance que, dans mon esprit et ma ferme conviction, il ny a aucun lien possible entre quelque organisation templière que ce soit et lOrdre du Temple, créé au douzième siècle. Cela, je nai jamais cessé et je ne cesserai jamais de le proclamer.
Il mest arrivé, certes, dans des conférences, livres et articles, de me référer à laspect templier dune " réception initiatique " qui ma été accordée dans un cadre déterminé. Cette tradition séculaire était fondamentalement maçonnique, et en soulignant son caractère en essence templier, jai dit lexacte vérité. Ne pouvant, à lépoque, conformément aux règles de la tradition maçonnique et surtout par respect pour le caractère confidentiel de telles activités dans une ville, Rome, où il était prudent de ne pas être trop clair et précis, je ne pouvais préciser le fait que le cadre de cette transmission était une branche de la Très Respectable Franc-Maçonnerie italienne, et la confidentialité maçonnique est toujours de règle partout. Jai " désigné ", " révélé ", sans dire ni trahir. En me référant au "Cardinal blanc", je me référais, en fait, par une allusion significative du mot cardinal, à un responsable important dont la tenue blanche, de rigueur à lépoque, était symbolique de la tradition dont il assumait la responsabilité. Je nai pas été à lencontre dune vérité symbolique en parlant du cardinal blanc. Le Cardinal blanc a été, de ce point de vue, un symbole vivant, une réalité. Il mest possible actuellement, lorsque je reviens à ce grand " passé " et en extrayant quelquun en particulier de la charge assumée, de ne me souvenir que du symbole représenté et den ressentir toute la force traditionnelle.
Sil y avait une autorité commune, il ny aurait sûrement pas ces divisions, ces luttes difficiles, ces critiques parfois - hélas ! acerbes et souvent hypocrites portant sur certains, sans crainte de détruire leur respectabilité. Quil y ait, à larrière de toutes les activités traditionnelles et EN ESSENCE, un même courant spirituel ou intellectuel, cela est possible, mais si lon se situe dans le " manifesté " et sur le seul plan humain, physique et matériel, cest absolument impossible, car contraire à la nature humaine fondamentale. Il suffit de considérer les multiples scissions qui ont eu lieu périodiquement dans toutes les organisations, en particulier dans les temps modernes, pour le constater, et en profiter pour souligner quhélas de tels mouvements, lorsquils sopposent les uns aux autres, quel que soit le mobile et aussi justifié que ce soit en apparence, ne servent pas du tout la cause commune de la tradition. Sil y avait à larrière de tous les ordres ou mouvements une direction occulte, cachée, commune, elle ne permettrait certes pas de telles luttes, préjudiciables à lensemble. Une telle direction nexiste absolument pas.
Le mot Maha est un terme sanscrit qui signifie " Grand ". Maha a été un personnage bâti à partir de mes rencontres avec de multiples personnes qui, sur un certain plan, auquel je crois personnellement, représentent une forme dautorité " spirituelle de référence " en raison de leur consécration à la recherche de ce qui est nommé dans la tradition " la vérité éternelle " et à la formulation quils ont pu en donner ou transmettre. Le mot Maha a donc désigné, dans ma compréhension, ces différentes personnes qui ont, à quelque moment que ce soit, apporté leur contribution à la tradition telle quelle se manifeste au service de lhumanité. Lensemble de ceux qui ont uvré en ce sens, je lai rassemblé sous le nom dun personnage, Maha, qui, ainsi expliqué, " rassemblé ", est encore plus impressionnant dans sa multiplicité, dans sa diversité active.
Les circonstances faisaient que mes aspirations personnelles à servir dans de telles responsabilités étaient comblées et que je ne pouvais pas apporter davantage dans ce cadre défini. Mais surtout le temps était venu pour dautres, et en particulier pour Christian Bernard, dûment préparé et prêt pour insuffler une dynamique nouvelle et un essor spirituel plus grand, dassumer leurs responsabilités et daccomplir leur uvre.
Lorsque jai démissionné de mes fonctions, en particulier celle, fondamentale, de membre du bureau suprême, quelquun dautre, naturellement devait être élu à ma place. Mon fils, qui avait grandi dans cet environnement et qui, sans quil y soit jamais forcé, était devenu très jeune, membre de lAMORC, a été élu de manière tout à fait traditionnelle. Ainsi, parce que mon fils était élu à mes fonctions, certains ont fait la remarque que lAMORC était une dynastie. Des dizaines dannées auparavant, aux Etats-Unis, la même situation sest produite, Ralph M. Lewis ayant été élu à la suite de son père. Une telle remarque navait pas été faite là-bas. Cest en tout cas une remarque que lon pourrait dire " irréfléchie ". Dans tous les pays républicains, en France et ailleurs, il arrive que le fils soit élu en remplacement de son père. On le voit dans les mairies, dans les conseils généraux, dans les parlements et autres assemblées. Cest même une situation fréquente. Il ny a rien détrange ou de particulier à ce que cela se produise dans des mouvements fraternels. Je dirai même, par expérience, que cest à la satisfaction de la très grande majorité. Chacun comprend que de telles charges ne sont pas toujours faciles à assumer socialement parlant. Jajouterai quil y a vingt-cinq ans il ny avait pas beaucoup de candidats surtout pour des fonctions à remplir quotidiennement et sans limite horaires..
Je viens de lexpliquer en partie. Jajouterai simplement que, pour continuer dintéresser ceux qui étaient en recherche sincère et les maintenir dans cette recherche, certains sujets et certaines activités me semblaient pouvoir être conduits dans une ou plusieurs directions nouvelles, de manière plus approfondie, sans pour autant quitter la structure fondamentale où était et demeurait pour chacun la base même de ses travaux. Cest ce sentiment très fort qui ma conduit à créer quelques mouvements spécifiques. Il sest chaque fois agi de tentatives, defforts, en vue dapporter une aide à certains et de leur éviter des choix qui pouvaient ne pas être sûrs pour eux. Certains de ces mouvements ont été des échecs. D'autres ont perduré. Mais la règle essentielle, forte et ferme que jai appliquée, maintenue, et que dautres, après moi, continueront de suivre, est la tolérance et le respect de tous les mouvements traditionnels et de tous les efforts entrepris où et par qui que ce soit, avec cependant une réserve, celle-ci : une création qui aurait pour unique fondement lego, dans les domaines particuliers de la tradition et de la recherche spirituelle, ne saurait être valable et ne pourrait, de toute façon, se maintenir. Tout ce qui est manifestation de lego, tout comme lego lui-même, a une fin inéluctable, même si celle-ci est plus ou moins rapide. Ce que lon appelle " avenir " est donc, à cet égard, le meilleur juge.
Je lai fait dans toute la mesure du possible, mais cette organisation, comme toutes les autres, a des règles et le respect de celles-ci est essentiel. Dans le cadre de cette organisation, introduire des recherches particulières ou développer trop, au détriment des autres, une particularité, aurait conduit à une dispersion de lintérêt de ceux qui venaient à ce mouvement pour en recevoir la formation traditionnelle donnée par lui depuis presque cent ans dans sa manifestation moderne. Une telle dispersion aurait créé une grande confusion et aurait été dommageable pour tous. Cest dailleurs, je suppose, la règle toujours majeure du mouvement auquel vous faites allusion et qui est certainement lOrdre de la Rose Croix AMORC.
Contrairement à ce que lon a pu dire ou affirmer ici ou là, je nai vu Jacques Breyer que deux fois. Une fois, lorsque j'ai été invité par une relation qui appartenait à la même tradition maçonnique que moi à être présent, en tant que " curieux ", à une cérémonie tenue dans un village près du mont Obiou. Cette circonstance est mentionnée dans le livre de Serge Caillet. Une autre fois, lors dune rencontre courte et formelle chez une amie de sa mère. Javais naturellement entendu parler de Jacques Breyer car, dans les années 1960, ses livres intitulés " Arcanes Solaires " et " Dante alchimiste ", étaient souvent mentionnés dans certains milieux maçonniques et autres.
Même si je ne peux participer régulièrement à aucune réunion, à aucune " tenue", parce que ma santé ne me le permet pas, je reste membre dune grande obédience maçonnique.
Jai commencé à assumer mes responsabilités dans lOrdre de la Rose-Croix AMORC le 1er mars 1956 à un moment où ce qui a été appelé la décolonisation nétait pas encore entreprise, ni même envisagée telle quelle a été réalisée par la suite. Or, déjà à cette époque, les enseignements rosicruciens étant envoyés aux membres de lAMORC sous forme de monographies, des Africains, sur tout leur continent, les recevaient, en anglais dabord, à partir dautres juridictions et dautres pays, puis en français, à partir de la France, lorsquune juridiction y fut créée après la dernière guerre mondiale. Au moment où jai pris mes responsabilités dans lAMORC, de nombreux Africains étaient donc déjà rosicruciens. Parmi eux, beaucoup avaient une formation académique et parmi ces membres africains de lAMORC, au moment où des élections ont eu lieu lors de la décolonisation, certains ont ensuite été amenés à occuper électivement des fonctions très importantes, ou ont été choisis pour les occuper. Ces personnes avaient assurément leurs préoccupations particulières, politiques et autres, leur volonté de se dévouer à leur pays, et les circonstances ont ainsi voulu quelles réalisent leurs espérances et leurs choix individuels. Or, certains étaient déjà soit rosicruciens soit francs-maçons, ou les deux, cest-à-dire membres dun ou des deux courants essentiels de ce temps. Il ny avait pas, en effet, en 1956 ni dans toutes les années 1960, autant dorganisations, sectes et autres, quil y a de nos jours.
Il est donc clair que le fait que certains Rosicruciens ou Francs-Maçons, ou les deux, aient ensuite accepté des fonctions politiques de premier plan, na pas été un choix spécifique qui a été fait par lAMORC ou la Franc-Maçonnerie. Il sest trouvé simplement quau moment où ils ont assumé leur fonction, ils étaient déjà rosicruciens, francs-maçons ou les deux. Cest ce que je suis en mesure de répondre à votre question, étant bien précisé, et jinsiste, que tous les responsables politiques éminents de ces pays nont pas été dans ce cas. Certains nont certainement jamais appartenu à quoi que ce soit. Je ne comprends dailleurs vraiment pas pourquoi il est si souvent fait référence à lAfrique et aux Africains dans les domaines dont nous nous entretenons. Les hommes sont partout des hommes, où quils se trouvent, en Europe, en Afrique, en Asie ou en quelque autre continent que ce soit.
Personne, avant moi, dans le monde de la tradition qui nous occupe dans cet entretien, nétait allé en Afrique visiter les membres africains, et lorsque je m'y suis rendu, les Rosicruciens dAfrique ont estimé nécessaire que je rencontre leurs grands dirigeants politiques. Ils le faisaient parce que pour eux, je personnifiais lidéal auquel ils se rattachaient et que leurs dirigeants politiques représentaient aussi, pour eux, une autre forme didéal, celui de leur patrie, de leur pays.
Le fait que jaie assumé, dans ce même monde de la tradition, des responsabilités pendant des années, faisait aussi que certains Rosicruciens en charge de responsabilités politiques considéraient le travail traditionnel accompli sous mon autorité comme parfaitement utile au bien-être de leur pays, et pensaient mexprimer leur gratitude en me conférant une fonction particulière dans leur pays, et en demandant mon avis éventuel sur des sujets divers, particulièrement culturels. Et jai été très honoré de leur confiance. Ils nétaient nullement tenus de me considérer comme un conseiller. Jai fait, en tout cas, mon possible pour être utile. Si jai fait état de ces faits, si jai permis que dans certaines biographies il en soit fait mention, cest parce que je suis infiniment reconnaissant à ces pays africains, à leurs hauts dirigeants et donc aux Africains eux-mêmes dans leur ensemble, davoir bien voulu, en raison de ce que je représentais, me reconnaître personnellement capable de recevoir, chez eux, un titre officiel assez important pour me montrer leur confiance, leur amitié et leur respect.
A une date plus récente, en fait dès 1986, un CIRCES Afrique avait été établi et il sest trouvé quen raison des fonctions occupées par les responsables de ce CIRCES Afrique, ils étaient en mesure daider même financièrement le CIRCES local. Lorsquun CIRCES a été ensuite établi en France, ce CIRCES Africain a aidé le CIRCES Français. Ce nest pas un Etat, un Président, un Ministre, ou quelque autre personnage, qui a aidé à létablissement de ce mouvement. Cest ce même mouvement tel quil existait antérieurement dans ces pays africains qui a apporté son aide matérielle temporaire, sous forme de prêt dûment formulé du point de vue des documents officiels, au mouvement dont le siège était établi en France.
Absolument, et il a été longtemps question que le CIRCES de France soit simplement une filiale du CIRCES dAfrique, en particulier lorsque celui-ci sest établi au Cameroun. Cest dailleurs pourquoi certaines accusations ont été portées qui ne sont pas très agréables ni pour les Camerounais, ou les autres Africains dailleurs, ni pour ceux qui agissent dans le monde et en France en particulier, dans le cadre de ce mouvement. Tout a été fait dans le CIRCES dune manière absolument régulière.
Je navais aucun projet. Après mon retrait de la fonction de Légat, il me fallait une sorte de coupure ou " rupture " personnelle et jai pensé que le mieux était, pour cela, de partir quelque part. Loccasion sest présentée, lors d'une conversation que jai eue avec un ami, daller en Afrique. Nous sommes donc partis, ma femme et moi, habiter au Cameroun, où nous sommes restés pendant un temps assez long. Cest dailleurs au Cameroun, dans la demeure obligeamment mise à ma disposition, que jai écrit certains documents qui ont été ensuite utilisés dans le cadre du CIRCES, tel quil a été à lorigine.
Je dois être à nouveau très net et catégorique dans ma réponse à ce sujet. Jamais, à aucun moment, quelque contact que ce soit na été pris avec moi pour que je remplisse une mission de ce genre, ou que je fasse quoi que ce soit au service dun organe quelconque de renseignement et, pour être encore plus précis, jaffirme clairement quà aucun moment il ny a eu pression, demande officielle, officieuse, ou autre, qui puisse, de quelque manière, me faire supposer que lon sattendait à ce que jaccomplisse une mission pour des services de renseignement ou pour des services officiels de quelque nature quils soient. Donc, en ce qui me concerne personnellement et en ce qui concerne les mouvements traditionnels dans lesquels jai assumé des responsabilités, et cest le cas de tous mouvements tels que lOrdre de la Rose-Croix AMORC, la Franc-Maçonnerie, le CIRCES ou lOSTI, il ny a, jinsiste, JAMAIS eu dinfluence des services secrets, ni dorganes de renseignement ou autre. JAMAIS. Prétendre le contraire serait pur mensonge, pure invention, pure calomnie et pure diffamation.
Permettez-moi de souligner que je ne suis pas du tout, personnellement, à lorigine de ce qui a été appelé Medifocus. LOrdre de la Rose-Croix AMORC avait, à ce moment, son siège mondial à San José en Californie. Lidée de Medifocus est née là-bas, cest-à-dire au siège mondial de lAMORC, à San José, aux Etats-Unis, dans une intention, certes tout à fait louable, de créer une ambiance vibratoire telle que lon pouvait espérer voir sétablir davantage dharmonie entre différents pays à travers leurs dirigeants ou leurs responsables, en leur envoyant des pensées positives. Au bout de quelques mois, les dirigeants de lOrdre se sont rendu compte que Medifocus pouvait être mal compris ou mal interprété, intentionnellement ou non, et je me rappelle avoir moi-même émis de grandes réserves sur Medifocus. Medifocus a donc été supprimé rapidement et il est pour le moins curieux que lon en reparle après tant dannées, alors quil a été supprimé si rapidement. Une précision pourra être aussi utile. Medifocus, pendant le temps très court où le travail a été proposé, nétait pas une pratique secrète. Il en était fait mention dans toutes les revues rosicruciennes, y compris celles mises à la disposition du public partout dans le monde, mais lidée dorigine était une idée de compréhension, de réflexion, de méditation, et non pas dintervention. Cette pratique spirituelle, je le répète, a duré très peu de temps.
Absolument pas. Ce sont les enseignements de lAMORC qui, depuis 1915, utilisaient ce terme. Ce que les enseignements rosicruciens voulaient par ce mot exprimer, est le fait que la mort - le Rosicrucien étant fondamentalement croyant - nest pas une fin ultime. Et ceci mamène à souligner un point important, fondamental. La vie en ce monde, pour quiconque est croyant et sintéresse aux recherches spirituelles, nest pas soumise à la volonté de lhomme. Un Rosicrucien ou tout autre spiritualiste authentique, quelles que soient ses affiliations, ne se suicidera jamais. Fondamentalement seul un matérialiste, un incroyant, peut commettre un tel acte, en pensant que la mort est une fin. Il faut cependant remarquer que, soumis à une immense souffrance physique due à la maladie ou à une détresse morale intense, quelquun peut, sil nest pas secouru, en venir à un acte dune telle extrémité. Mais cest là un cas exceptionnel qui ne change rien à la règle ni à la conception fondamentale de lexistence qui est que nul ne peut, sil est croyant, mettre un terme à son existence en ce monde. Cela revient à dire quun authentique spiritualiste, parce que le corps, pour lui, est le temple de lâme, sefforce de maintenir celui-ci en bonne santé. Je nai jamais vu un authentique " Cherchant " ne pas réfléchir aux moyens dêtre tout à fait en forme et de vivre aussi longtemps quil le peut, de manière à pouvoir agir, dans les meilleures conditions et participer ainsi activement au monde. Le terme " transition " des enseignements rosicruciens en Anglais a été utilisé dans les monographies traduites en français pour désigner la mort. Il ny pas dautres explications à donner. Remarquons simplement quil y a dautres mots qui, parce quun jour quelquun a commis un acte répréhensible, ont pris une signification elle-même répréhensible et particulière ensuite, en réponse à un événement ayant frappé le public, mais cela ne signifie pas pour autant que ces mots, dans leur essence et leur vérité, aient voulu signifier quelque chose de néfaste ou de négatif. En ce qui concerne le mot " transition ", il veut indiquer une continuité et non pas une rupture. Pour le croyant, pour le spiritualiste, lhomme nest pas maître de la durée de son existence. Il ne lui est pas permis dy mettre fin. Cest, de mon point de vue, une erreur, et une faute grave de décider consciemment de sa propre fin. Mourir nest pas une décision qui appartient à lhomme, cest une circonstance naturelle. Lhomme ne peut intervenir, dans son existence, que pour faire en sorte de prolonger le plus possible lexistence de son outil quest le corps.
Transit ou transition, il ny a aucune différence dans la portée du mot. Cest une simple question de terminologie et tout ce que je viens de dire sapplique donc à lun et lautre de ces termes.
Je ne pense pas que quelquun de réfléchi ait pu jamais me considérer ainsi, mais je répondrai ceci : Je nai jamais, et dans le cadre daucun mouvement, quel quil soit, assumé des fonctions de gourou. Dans lOrdre de la Rose-Croix AMORC, les fonctions sont électives et il en est de même dans la Franc-Maçonnerie. Il sest trouvé quen France, dans lOrdre de la Rose-Croix AMORC, jai été réélu plusieurs fois et jai ainsi tenu mes fonctions pendant un nombre important dannées. Dans des pays proches de la France, en particulier, des responsables nont pas été réélus aux fonctions quils occupaient et ainsi les changements ont été beaucoup plus perceptibles. Pour les membres de lAMORC, comme pour les Francs-Maçons ou lOSTI, ils nont certes pas de gourou. Il ny a pas chez eux de direction donnée dune manière arbitraire, dogmatique ou dictatoriale. Absolument pas. Celui qui assume une fonction rend périodiquement des comptes à une assemblée, elle-même élue. Et cest ce qui est le cas dans lorganisation interne de lAMORC, comme dans les autres grands mouvements traditionnels. Dans lAMORC, pour ne citer que ce mouvement, son bureau suprême était, et il est sans doute toujours, en dernière analyse, lexpression de la volonté exprimée par des votes lors de conventions ouvertes à tous les membres. Si, pour prendre mon propre exemple, jai été élu au Bureau Suprême, jai été confirmé dans ces fonctions lors d'une convention réunissant tous les membres. Certes, on peut, en observant diverses organisations traditionnelles, remarquer que les dirigeants ne changent guère. A cela, je répondrai en observant, y compris en France, que la plupart des grands partis politiques ont les mêmes dirigeants depuis des dizaines dannées. Dès linstant que les membres de ces partis sont satisfaits et que, par leurs différentes assemblées, ils réélisent les mêmes personnes, cest certes tant mieux pour la continuité des activités de ces partis. Pourquoi, dès lors, sétonner quil puisse en être de même dans les mouvements traditionnels, comme cest le cas dans lAMORC ou comme cest le cas dans dautres grands mouvements, comme la Franc-Maçonnerie, le CIRCES, ou encore lOrdre Souverain du Temple Initiatique, lOSTI ? Si les membres en viennent à être mécontents de la manière dont ils sont conduits, ils le manifesteraient lors des votes et leurs responsables seraient différents. Mais pourquoi les changer dès linstant quils remplissent leur fonction comme il se doit et quils représentent ceux qui les ont placés dans leur charge par des votes directs ou indirects, cest-à-dire par un système électif à plusieurs niveaux ? Et cela est valable pour tous les mouvements, quil sagisse de politique, de culture ou de quelque domaine que ce soit.
Généralement lorsquon considère les activités dun mouvement traditionnel, que ce soit la Franc-Maçonnerie, que ce soit lOrdre de la Rose-Croix AMORC, que ce soit lOSTI, on voudrait en faire une particularité. Il ny a pas de particularité. La même façon de procéder est suivie dans tous les mouvements. Elle est en France fondée sur la loi de 1901. Elle implique une assemblée générale, un ou des bureaux élus et des dirigeants eux-mêmes élus, quels que soient les modes délection adoptés.