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The European Xbase Institute
Europäisches Xbase-Institut
Institut Xbase Européen

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78280 Guyancourt
France


Xbase eXpress

Numéro 1 - 1992

Naissance d'une norme Xbase


Le standard créé par dBASE donne naissance à une norme ANSI

par François Ghoche


La date du 6 mai 1992 restera celle de la naissance d'une norme Xbase. C'est en effet ce jour là que la proposition de mise sur pied d'une norme Xbase a passé avec succès sa première épreuve officielle. Il faudra sans doute encore un peu de temps pour la mettre en forme et l'amener à maturité, certes, mais le premier pas est fait. Cela, en soit, est déjà une réussite, étant donné les obstacles majeurs auxquels se sont heurtées toutes les tentatives depuis 1987.

L'initiative est, pour le moment, interne aux Etats-Unis, puisque le projet sera étudié au sein de l'ANSI<$FANSI : American National Standards Institute <196> Institut national américain des normes.>.

Cependant, il faut dès à présent prévoir l'extension de la norme sur le plan international. Cela, afin d'éviter que certains problèmes que nous avons déjà rencontré dans le passé, avec d'autres normes, ne nous amènent à regretter ensuite de ne pas nous être manifestés plus tôt.

Un item international

Les contacts sont déjà pris avec les promoteurs du projet de norme aux US. Ceux-ci sont favorables à l'idée d'inclure un item "international" dans l'agenda de travail du comité de normalisation.

Pour être certains de prendre en compte le plus d'opinions qualifiées possibles, il faut que tout ceux qui ont une proposition à avancer ou une idée à exprimer le fassent le plus vite possible. En effet, la première réunion du comité de l'ANSI aura probablement lieu à l'automne prochain. Nous devons avoir fait nos propositions d'ici là.

Nous développerons parallèlement les contacts déjà engagés avec des correspondants allemands et japonais, afin d'arriver avec un projet cohérent, de façon à ce qu'il soit pris en compte dès le début du processus.

Réunion prochaine en France

Pour faciliter l'échange de vues, ainsi que la circulation de l'information, une réunion sur le thème du projet de norme Xbase sera organisée prochainement.

Si vous souhaitez y participer, faites vous connaître. Vous serez tenu au courant dès que possible.

Le dépôt de la proposition

La proposition de constitution d'une norme pour le langage Xbase a été déposée par Marc Schnapp, Martin Rinehart et Bill House (Cf. communiqué de presse Nº 3 "Standardisation Xbase, historique rapide"), auprès du comité en charge de la sélection des travaux de normalisation, le comité SPARC de l'X3 (Cf. communiqués de presse Nº 1 et Nº 3 "Proposition de norme Xbase acceptéee..." et op. cit..).

Rappelons brièvement que X3 est une association de normalisation accréditée auprès de l'ANSI, qui fonctionne avec une large participation des acteurs de la vie économique, tant fournisseurs qu'utilisateurs de moyens informatiques. Le secrétariat de l'X3 est assuré par un grand syndicat US de constructeurs d'ordinateurs et d'équipement de bureau.

Le comité SPARC procède au filtrage et à l'étude préalable des propositions d'établissement de normes. Cette acceptation doit être ensuite confirmée par un vote par correspondance de l'ensemble des membres de l'X3.

Pour ce qui est d'Xbase, le résultat de ce vote sera connu d'ici le mois de juillet. En principe, il s'agit d'une question de pure forme, l'avis préalable du comité SPARC étant en général suivi par les membres.

Un aboutissement

La précédente tentative de normalisation pour dBASE avait été lancée en 1987, par Martin Rinehart. Mais, au lendemain de la première réunion du comité de normalisation patronné par l'IEEE, Ashton-Tate a déclenché les foudres de ses avocats, revendiquant la propriété de tout ce qui était issu de dBASE, y compris le langage, pourtant lui-même inspiré de JPLDIS (Langage de manipulation de données élaboré par le Jet Propulsion Laboratories - dans le domaine public - et qui avait servi de modèle à Wayne Rattliff pour créer les premières versions de Vulcan/dBASE.>.

Ashton-Tate avait alors essayé de combler le vide en créant une structure consultative regroupant des consultants extérieurs à l'entreprise : le dLAB, destiné à agir en temps que conseil quant à l'évolution de dBASE IV.

Le statu quo des positions en présence et des procès en instance a duré jusqu'à la conclusion de l'absorption d'Ashton-Tate par Borland International, l'été dernier. En effet, le Département de la Justice des Etats-Unis avait alors posé comme condition à son feu vert, un abandon de toutes revendications sur des éléments du langage, ou bien du système de menus de l'interface utilisateur.

Depuis cet événement, le mouvement pour la relance d'une norme Xbase a refait surface. Un débat soutenu s'est engagé. Il s'est poursuivi depuis sur des réseaux comme CompuServe et dans des groupes d'utilisateurs.

En France, La lettre de dBASE (Editions MEV, 12 rue d'Anjou, 78000 Versailles.) a mené campagne pour la mise au point d'une norme, lançant également une enquête sur le sujet auprès de ses lecteurs.

L'évolution du marché

Ces derniers mois, les événements se sont accélérés. Après la fusion Ashton-Tate Borland de l'an dernier, nous avons assisté successivement au rachat de Fox Software - Editeur de FoxBase et FoxPro - par Microsoft, puis au rachat de Nantucket - Editeur du compilateur Clipper <196> par Computer Associates. Les principaux produits Xbase sont à présent aux mains des leaders du marché du logiciel, qui fourbissent leurs armes pour les grandes manoeuvres qui doivent débuter dans la seconde moitié de cette année.

Pendant ce temps, un groupe actif s'est constitué autour du projet de normalisation. Des contacts multiples ont été pris avec les dirigeants des principaux Editeurs de produits Xbase, ainsi que des fournisseurs de tierce partie (utilitaires, outils de conception, de développement et de génération de code). Nous pouvons dire qu'ils ont reçu partout bon accueil. La question semblait plutôt être de savoir qui se déciderait à faire le premier pas.

D'après nos informations, cela a bien failli être Borland. En effet, il semblerait que Borland s'apprêtait à lancer une initiative envers les autres Editeurs du marché Xbase en vue d'une standardisation, lorsque les plans d'absorption de Fox par Microsoft ont été connus.

Réaction de la profession

Cependant, ces événements ont eu pour conséquence de libérer la voie pour les tenants d'une norme établie formellement sous l'égide d'un organisme ad hoc. Nous pensons d'ailleurs qu'ils ont agi avec la bénédiction des principaux éditeurs intéressés. A titre de confirmation de cette analyse, il suffit de prendre l'exemple de la première manifestation professionnelle ayant eu lieu, à notre connaissance, depuis le dépôt du projet de norme.

En effet, le 12 mai dernier a eu lieu une réunion-débat organisée par l'association des responsables micro de New-York (Cf. communiqué de presse Nº 2 "Les principaux fournisseurs Xbase présents à la réunion MMA). Le panel comprenait des personnages clé de Fox Software, Borland International et Computer Associates. Les échos de cette réunion font état d'un esprit proche de l'unanimité quant au projet de norme. En substance, Walt Kennamer (Fox) et Mike Masterson (Borland) auraient exprimé le sentiment qu'une norme Xbase serait bénéfique tant pour leurs clients que pour leurs sociétés respectives.

Anders Vinberg (Computer Associates) se serait, quant à lui, contenté de déclarer que Computer Associates était en général favorable aux normes.

Deux responsables de l'association professionnelle des développeurs en bases de données de New-York, ainsi que de nombreux membres de cette association, étaient présents dans la salle, et ils ont participé aux débats. Le sentiment général était que l'initiative de normalisation avait démarré avec une impulsion positive.

Notons au passage que parmi les principales préoccupations des présents, figurait en tête de liste la coexistence de produits issus de fournisseurs différents sur un réseau local. Tout professionnel connaissant les produits dBASE et compatibles du marché actuel appréciera...

Le bon produit pour le bon job

Ce type de préoccupation illustre bien les problèmes auxquels sont confrontés tant les développeurs que les responsables micro et les utilisateurs.

Le sujet original du débat était d'ailleurs : "comment choisir le produit Xbase adéquat en fonction du travail demandé". Sujet qui n'a pas manqué de mettre en relief l'une des raisons principales de la nécessité d'une normalisation. En effet, chacun des produits Xbase actuellement proposé sur le marché possède ses points forts et ses spécificités propres. Il parait donc judicieux de choisir le bon produit pour le bon job.

Tant que l'on n'a besoin que d'un seul produit pour un seul type d'application, le raisonnement se tient parfaitement. Mais si l'on a affaire à des applications diverses, et à fortiori si ces différentes applications doivent cohabiter sur un réseau local, il faut bien reconnaître que la solution la plus raisonnable, aujourd'hui, consiste à choisir un seul produit et à s'y tenir. En effet, l'on évite ainsi les différences de syntaxe des langages, les temps d'apprentissage d'interfaces utilisateur et d'outils de développement différents, les incompatibilités de verrouillage sur réseau local, etc.

Le langage d'abord

C'est en grande partie ce genre de problèmes que doit s'attacher à résoudre le projet en cours. La norme projetée a pour premier objectif de définir le langage de programmation Xbase. Cela signifie que les interfaces utilisateurs et outils de développement resteront en dehors des discussions. L'idée sous-jacente est que l'une des forces du marché Xbase tient justement dans le langage hérité de dBASE.

En effet, nous savons bien sûr que l'avenir est aux outils de génie logiciel. Mais le développeur expérimenté sait que quelles que soient leurs qualités, les outils de génération d'applications ou d'objets ne sont jamais universels. De plus, les outils complexes recèlent souvent des défauts mineurs. Le fait de pouvoir examiner et modifier le cas échéant le résultat du travail d'un automate est vital, tout au moins dès que l'on dépasse le stade de l'outil simplement destiné à l'usage individuel de l'utilisateur final.

Il convient de mettre de côté les langages plus proches de la machine, tels que l'assembleur, bien sûr, et même le C, qui réclament un effort de développement beaucoup plus important, ne se justifiant en général pas pour des applications diffusées à moins de centaines d'exemplaires.

Par ailleurs, Xbase présente des caractéristiques de langage de manipulation de données de quatrième génération gérant directement l'accès à un moteur de base de données, ce qui est loin d'être le cas des langages de troisième génération, qui nécessitent un surcroît de programmation, et ce, même en cas d'emploi de bibliothèques complémentaires.

Le langage Xbase présente en outre toutes les caractéristiques lui permettant d'accéder au rang de langage standard de programmation d'application en environnement bases de données. En effet, il est enseigné dans de nombreux établissements, connu d'innombrables programmeurs, et il est utilisé dans de multiples applications en service dans un large éventail d'activités économiques. La simple nécessité de sauvegarder l'investissement notable constitué par ces millions de lignes de programmes écrits en dBASE ou l'un de ses dérivés justifie amplement l'effort de normalisation. Cependant, son emploi amène également certains inconvénients.

Quels sont ceux auxquels une norme peut prétendre remédier ?

Normalisation # uniformité

La définition précise de la syntaxe des commandes incluses dans la norme permettra un portage plus aisé des applications d'un environnement à un autre. En effet, le langage comporte souvent des différences pour certaines commandes d'un produit à l'autre. De plus, l'apprentissage d'un langage normalisé dans les établissement d'enseignement de l'informatique préparera des programmeurs plus directement rentables pour les entreprises.

Il ne restera plus que l'apprentissage des outils de génie logiciel proposés par les différents fournisseurs, et dont les caractéristiques concurentielles continueront à faire la richesse et la diversité du marché : normalisation ne veut pas dire uniformité.

Le processus s'effectuera sans doute en plusieurs étapes. Mais, si dans un premier temps, l'on procède à la normalisation d'une forme correspondant à des fonctionnalités classiques sur les version DOS des produits Xbase, il faudra rapidement examiner les conséquences de la prise en compte de la programmation événementielle, des environnements graphiques, et de l'orientation objet de plus en plus marquée des produits et outils.

Une ouverture du marché

Il est également important d'envisager, sinon la standardisation absolue, du moins la publication des algorithmes de verrouillage sur réseau local, ainsi que des formats de fichiers index. Il sera alors possible à des fournisseurs de tierce partie de proposer des outils permettant la cohabitation d'applications partageant les mêmes données.

De plus, l'existence d'une norme encouragera l'apparition de serveurs de bases de données Xbase, acceptant l'accès aux données par des requêtes d'applications issues d'outils différents. La notion de dictionnaire de données devra alors être abordée tôt ou tard.

Bien entendu, il faudra qu'il puisse y avoir cohabitation entre les requêtes orientées enregistrement, effectuées en langage dBASE, et les requêtes sur sets, effectuées par des langages tels que SQL. Il reste a décider si un sous-ensemble SQL doit être inclus ou non dans la norme. Mais la cohabitation est d'ores et déjà prévue dans de nombreux produits à venir, tel que le moteur InterBase chez Borland, par exemple.

Ce rapide tour d'horizon étant effectué, il reste à préparer le chemin pour la naissance de la norme Xbase. Nous nous y emploierons en commun, des deux côtés de l'Atlantique.

François Ghoche - été 1992


Possible choices / Choix possibles :


* (© copyright 1992-1996, François Ghoche)

fg - dernière MàJ/last update: 19 Feb 96